Comment j’ai changé de vie…

22 janvier 2017

En 2008, je travaillais comme desktop publisher dans une agence de publicité à Bruxelles. Poste obtenu après un stage de fin d’études au sein de la même agence.

Ma spécialité était la mise en page. Mon travail  consistait à adapter les annonces publicitaires destinées à l’impression papier, sous différents formats (abris-bus, 20 m2, tramway…) ainsi que de produire le matériel destiné à la promotion sur le lieu de vente. Bref, j’étais le dernier maillon de la chaîne de production avant l’envoi des fichiers chez les imprimeurs, les journaux ou les magazines.

Après un an au sein de l’agence, j’ai réalisé que les possibilités d’évolution étaient limitées. Le monde de la publicité est relativement cloisonné. Il existe des Account managers, des graphistes, des chefs de production, des chef studio, des personnes chargées de la stratégie, les Art-Director, les Copy, les directeurs de créations. Mon rêve était d’évoluer et d’effectuer le job de d’Account manager. Je ne m’étais peut-être pas bien renseignée, mais je ne voyais pas comment j’aurais pu évoluer dans ce système.

 

1 – Savoir qui l’on est et ce que l’on veut

Je me connaissais assez bien pour savoir que j’avais de l’ambition. Je voulais aller loin comme l’on dit familièrement. J’avais besoin de savoir que des possibilités d’évolution de carrière étaient existantes et possibles.
A cette époque, j’avais mon DUT en marketing obtenu au Cameroun (2 ans) et je venais d’obtenir mon Bachelier en publicité à l’IRAM à Mons (trois ans). Afin d’assurer mes arrières lors d’un retour éventuel au Cameroun, je m’étais dit qu’il serait judicieux de poursuivre mes études afin d’obtenir un Master. Ce qui serait mon Joker pour le futur. Diplôme qui pourrait s’avérer utile afin d’aspirer à une promotion dans une entreprise.

 

2 – Saisir les perches du destin

Après un an au sein de l’agence de publicité, l’envie de partir était plus forte que tout. Tous les matins en allant travailler, j’implorais le bon Dieu afin qu’il m’envoie un signe. J’attendais le signe de la providence avant de prendre une nouvelle voie professionnelle. Je savais aussi que je ne voulais pas poser ma démission. C’était insensé car j’aurais perdu mon droit au chômage. La décision devait venir de mon employeur. Le signe arriva !

2008 marqua le début de la crise des Subprimes.  Notre agence perdit de gros clients. En 2009, les vagues de remerciements commencèrent. Tous les jours, nous recevions un un email qui nous annonçait le départ de certains collègues. Je savais que mon tour arriverait.
UN jour le  directeur  me convia dans son bureau avec la mine grave. « Céline, je dois te dire quelque chose… ». Lorsqu’il m’annonça la nouvelle je lui répondit ceci :

« Tu sais K., ceci n’est pas une mauvais nouvelle. La fin d’un histoire c’est le début d’une autre. Pour moi c’est une bonne nouvelle »

Je crois qu’il ne s’attendait pas à une telle réponse venant de la petite employée de l’agence que j’étais. J’ignore encore d’où me venait un tel courage. Je venais d’obtenir la réponse à mes prières. je n’avais plus rien à perdre. Le destin m’offrait sur un plateau d’argent l’occasion de changer rapidement de carrière professionnelle.
Pour être honnête, je suis très optimiste de nature. je me focalise davantage sur les opportunités plutôt que les obstacles. Je ne nie pas les difficultés, je les relativise.

 

3 – Se préparer au changement

Sans savoir qu’un jour je serais licenciée, j’avais anticipé en m’inscrivant à un  Master en horaire décalé dans une excellente école de commerce à Bruxelles (ICHEC).

J’avais longtemps hésité avant de m’y engager car je devais mettre ma vie entre parenthèses pendant quatre ans. la durée des études. En effet, je pensais naïvement que mes études de marketing à l’Université Catholique et mes études de publicité à Mons me permettraient d’être dispensée de la première, de la deuxième, et de la troisième année d’études à l’ICHEC.
L’administration m’a fait comprendre que les programmes n’étaient pas similaires à ceux que j’avais pu suivre dans le passé. Je devais inévitablement reprendre le cursus à partir de la première année. En septembre 2008, alors que je venais d’obtenir au mois de juin mon bachelier en Publicité, j’entamais ma première année à l’ICHEC. Après mûre réflexion, cela aurait été dommage de ne pas le faire, je n’avais pas de copain, je n’avais pas d’enfant. Je n’avais aucune raison de ne pas me lancer dans cette aventure.

Le temps passé à acquérir de nouvelles connaissances n’est jamais du temps perdu.

 

 

 

Je n’étais pas triste d’être licenciée car je m’étais créé ma porte de sortie ou mon plan B en entamant ces études en horaire décalé.

Pendant que je prestais mon préavis,  je m’étais arrangée pour suivre des cours intensifs de néerlandais. Vivant en Belgique (un pays bilingue) et à Bruxelles en particulier, il était indispensable que j’apprenne à parler cette langue afin d’accroître mes chances de trouver un nouvel emploi.

 

4 – le networking

Je n’hésitais à parler de ma volonté de trouver un nouvel emploi autour de moi. Un ami qui suivait les mêmes cours que moi à l’ICHEC et travaillait parallèlement pour une banque, m’encouragea à postuler comme conseiller client auprès de cette institution. D’après lui, ils étaient à la recherche de nouveaux collaborateurs sans expérience particulière dans le domaine bancaire.

J’ai rapidement mis mon profil LinkedIn à jour et je me suis arrangée pour que les deux managers de l’agence de publicité me fassent des recommandations. Je savais que la majorité des recruteurs consultent le profil LinkedIn des futurs candidats.

 

5 – Accueillir le changement

J’avais mes recommandations. J’avais entamé des études (le nom de cette grande école était un réel atout sur mon CV). J’avais amorcé mes cours de néerlandais et j’avais postulé auprès de cette banque et mon CV avait été retenu.

Après des tests psychotechniques réussis, j’ai été conviée au « Job day« . A la fin de la journée, si vos entretiens sont concluants, l’entreprise vous propose un CDI.

Toujours très optimiste de nature, je me souviens avoir écrit comme titre sur mon CV :

« Jeune femme dynamique et polyglotte à la recherche d’un nouveau défi professionnel ».

Je parlais français, anglais et à peine néerlandais. Mais je croyais en ma bonne étoile. Ayant effectué des études de publicité, je me devais d’avoir un CV attractif. Je devais vendre mes compétences. Je devais me vendre.

J’avais la chance de connaître un ancien directeur des ressources humaines. Nous avons répété mon entretien d’embauche une semaine avant afin que de mettre toutes les chances de mon côté.  Il connaissait les questions habituelles. Il savait l’attitude à adopter pour réussir un entretien.

Forte de cet exercice, mon entretien d’embauche s’était très bien déroulé. J’avais eu une proposition de contrat à la fin de la journée. Je me souviens de mes larmes car, moi Céline, la petite camerounaise, n’était plus desktop publisher dans une agence de publicité mais rejoignait une grande entreprise multinationale. Je venais de faire un bond professionnel. Ma nouvelle vie commençait…

 


Veste : H&M (ancienne collection); Chemisier : H&M (ancienne collection); Jeans : Zara; Ballerines : Zara;
Ceinture :Moschino; Foulard : Ralph Lauren

En résumé, je dirais qu’il ne faut jamais se mettre de barrières à soi-même. Un dame d’origine rwandaise qui avait un poste important au sein de cette même banque m’a dit un jour que les seules barrières qui existent pour nous les Africains,  sont celles que nous nous mettons à nous-mêmes. Etre noir en Europe, ne doit pas nous empêcher d’aspirer à plus .
Avant d’entamer mes études de pub, j’avais rencontré une personne qui m’avait conseillé de faire des études d’infirmières. Selon elle, je ne trouverais jamais du travail dans la publicité parce que j’étais noire.

Dieu merci, je me suis fiée à mon instinct et j’ai essayé.

Je n’ai pas eu peur d’aspirer à autre chose. Je ne me suis pas mise dans une case parce que je suis noire. Je ne me suis pas contentée de ce que j’avais, à savoir mon bachelier en publicité. J’étais dans un pays où je pouvais faire des études, j’ai saisi l’opportunité. Mon licenciement était une opportunité.

On dit que la foi sans les actes est vaine. Avant d’être aidé par le ciel, il faut s’aider en se créant des portes de sortie, des opportunités. Que ce soit à travers la reprise d’études, une formation pour acquérir ou renforcer une compétence, l’apprentissage d’une nouvelle langue… Il faut aussi s’écouter et se faire confiance.
Et enfin, prendre des risques. Mais des risques calculés.

 

J’espère que cet article vous aidera ou aidera une personne dans votre entourage. 

Prenez bien soin de vous !
Céline
Pour suivre mes aventures sur Instagram c’est par ICI

Photos : LDM photographie; Maquillage : Kemi Wennah; Relecture : Charles

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23 comments

Gaëlle Prudencio 22 janvier 2017 at 21 h 22 min

C’est tellement beau à lire. Tous tes billets sont d’ailleurs très beaux à lire. Je suis dans une démarche similaire de « changement de vie » et c’est vraiment motivant de lire un parcours comme le tien.

Reply
Céline 22 janvier 2017 at 22 h 03 min

Te savoir par ici Gaëlle, me touche beaucoup ! Changer de vie n’est plus vraiment un « challenge » lorsque le plan B est prêt. Je suis sûre que ton changement de vie se déroulera bien. Ton parcours est très inspirant.

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Marthe. M 22 janvier 2017 at 22 h 04 min

Quel beau post !!!!! Très encourageant !!! Génial d’avoir suivi ton instinct.

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Céline 22 janvier 2017 at 22 h 38 min

Meeerci Marthe d’être passée par ici ! xoxo

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Shearon 23 janvier 2017 at 7 h 51 min

Tres Encourageant ton post ,Il nous en faut a certaines personnes avoir ce genre de moteur de motivation …

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Mayor marie. 23 janvier 2017 at 8 h 40 min

Merci pour cette motivation.

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Céline 23 janvier 2017 at 20 h 13 min

Merci à toi Marie pour ta petite visite par ici 🙂 xoxo

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Michèle N. 23 janvier 2017 at 10 h 05 min

Bonjour Céline.
Très bel article qui permettra je l’espère de faire tomber les inhibitions que nous nous mettons toutes seules.

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Céline 23 janvier 2017 at 20 h 15 min

Bonjour Michèle,
Je pense que ça ôtera de l’esprit de certaines personnes la peur d’aspirer à plus. Du moins, je l’espère. C’est un processus qui nécessite un peu de temps et surtout fortifier l’estime de soi. xoxo

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Yoli SEF 23 janvier 2017 at 10 h 08 min

Très bon post. Je vis au Cameroun et même ici on a souvent peur de changer d’orientation professionnelle, peur que ça ne marche pas. Tu encourages à avancer, mais pas de la mauvaise manière en sautant d’une carrière à l’autre sans être prêt. Je retiens qu’il faut préparer le terrain, sans pour autant s’endormir, et sauter le pas. Merci pour cet enrichissant partage.

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Céline 23 janvier 2017 at 20 h 16 min

En effet Yoli, la peur est une très mauvaise conseillère.
Merci à toi pour ta visite. xoxo

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Christelle 23 janvier 2017 at 12 h 21 min

C’est motivant de te lire! Ce n’est pas parce qu’on est noire qu’on doit se cantonner à des métiers d’infirmières (qui est un très beau métier soit dit en passant). C’est bien d’avoir de l’ambition et de se donner les moyens pour y arriver!
J’espère que la vie d’apportera encore de belles choses!
Bisous
Christelle de http://www.made-by-me23.com

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Céline 23 janvier 2017 at 20 h 17 min

Meeeerci Christelle 🙂 Si mon histoire peut une personne ou deux, j’aurais fait ma part ici bas.
Je pense que tout est possible dans la vie. Cela ne se passera pas toujours comme, quand et où nous voulons mais tout est possible.
Je me donnerai les moyens pour atteindre mes objectifs. Pour le reste, c’est la vie qui décidera. xoxo ma belle

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Keren 23 janvier 2017 at 14 h 08 min

Toujours un plaisir de te lire. Ce billet ne pouvait pas mieux tomber pour moi traversant une phase de remise en question PROFONDE. J’ai fait une formation que j’ai choisi toute seule en classe de 5e, que j’aime beaucoup, pour laquelle je suis pas mal douée. Seulement je rencontre tellement de difficultés extérieurs (le financement, les réseaux ou contacts, l’âge -je n’ai que 25 ans me dira-t-on-, des soucis de familles, etc.) que je perds parfois courage, ou me dis que je devrais peut être envisager autre chose; voir les « aptitudes et capacités naturelles » que j’ai et choisir une voie en fonction. Anyway, je ne désespère pas, je la trouverai cette fois.

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Céline 23 janvier 2017 at 20 h 20 min

Merci à toi Keren pour cette petite visite et d’avoir pris le temps de commenter.
Tu sais Karen, lorsque tu te poses des questions, lorsque tu recherches quelque chose, tu finis toujours par obtenir une réponse ou par trouver ce que tu recherches. Notre esprit agit comme un aimant. NOs pensées attirent à nous ce qui occupe notre esprit. Je crois d’ailleurs que c’est pour cette raison que dans « Le secret » ils préconisent de toujours se focaliser sur les pensées positives. xoxo

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fortune 23 janvier 2017 at 17 h 15 min

Tres beau témoignagne comme j aimerai avoir ton courage, je fais un master en gestion des ressources humaines en belgique j en ai pour 3 ans et c est ma premiére année mais tout le monde me décourage disant je n’aurai jamais un poste dans ce domaine (étant noire ) qu’il serait judicieux de faire infirmerie quand je te lis j’ ai envie de prendre mon courage à 2 mains et continuer

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Céline 23 janvier 2017 at 20 h 25 min

Bonjour Fortune,
Si tu aimes les RH, poursuis ton chemin ! Ces personnes qui te découragent, quel est leur parcours ? quelles sont leurs expériences.
Chaque destin est différent. Ce n’est pas parce que nous venons du même pays que notre destin sera le même. Tout le monde ne supporte pas la vue du sang. Il n’y a rien de pire que d’emprunter une voie par dépit. Imagine un instant que le monde du travail n’est pas une cour de récréation. Si en plus de cela, tu choisis une voie que tu n’affectionnes pas particulièrement, la dépression t’attendra au bout du chemin. Fais ce qui et semble juste pour toi car tu seras seule à assumer tes choix. Ceux qui te conseillent n’assumeront pas la future profession. Toi seule sait ce qu’il y a de mieux pour ton avenir. « Toute chose concourt au bien de celui qui aime Dieu. »

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Rebecca léa LEWE 23 janvier 2017 at 23 h 23 min

Ton billet me parle tellement…je m’y retrouve totalement.
Je viens de reprendre les études après avoir passé 4 ans en restauration rapide….une petite voix me disait tout les soirs que j’étais pas à ma place…et je me suis lancée
Never give up

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Céline 24 janvier 2017 at 22 h 02 min

Waouuuuuh Rébecca 🙂 !
Je suis très heureuse pour toi !!!!
By the way, j’aime beaucoup ton prénom 🙂 xoxo ma belle

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iZAB 27 janvier 2017 at 10 h 33 min

C’est vraiment l’histoire de nos vies! Le nombre de fois où j’ai changé de vie à petit pas, mais je sens le grand virage arriver. Ton article est EXCELLENT Céline, franchement tu mérites d’être Lue par des millions de personnes.

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Céline 27 janvier 2017 at 21 h 46 min

Que le bon Dieu t’entende Isa !!!
Merci du fond du coeur d’avoir partagé mon article 🙂 <3
Bisou bisou Isa

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Prisca 3 février 2017 at 19 h 59 min

Parcours très édifiant et réconfortant. Je vis en Allemagne et j ai récemment obtenu mon Master 2 en Supply Chain Mangement. Je suis encore à la recherche du boulot et mon rêve est de décrocher un poste dans une multinationale. Je continue d’y croire. Comme tu l’ as si bien dit « Tout concourt au bien de celui qui aime Dieu »

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Vanessa 6 juin 2017 at 1 h 40 min

Il est 02h34 et je me questionne sur ma vie professionnelle .Ton post est tres tres motivant (c’est ce genre de terme que j’adore sur les blogs ). Merci pour ce billet qui encourage a ne pas baisser les bras .

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